Caractéristiques autistiques

caractéristiques autistiques des interactions sociales

Les caractéristiques autistiques sont un ensemble de signes inhérents à la dyade du DSM 5. Elles impactent donc la sphère du langage et de la communication, des interactions sociales et des comportements.

Ces caractéristiques sont variables en intensité et en manifestations, compliquant ainsi leur identification pour la pose du diagnostic. On peut ainsi dire qu’il n’y a pas un Autisme mais des Autismes dont les caractéristiques, même si elles sont les mêmes, s’expriment à des degrés différents d’une personne à l’autre, sans perdre de vue la personnalité du sujet ainsi que les comorbidités associées. D’où la notion de spectre.

Rappelons que l’invisibilité d’un signe ne signifie pas son absence mais que la personne peut camoufler ses propres difficultés. Il ne faudra donc pas négliger la souffrance, la fatigue, les troubles du comportement, les crises… qui peuvent en découler.

Ce document a été réalisé conjointement par Phan Tom, créatrice du site COMPRENDRE L’AUTISME et Nathalie Saillard-Pichon, membre de l’association Autisme Ouvrons La Bulle.

Le langage et la communication

caractéristiques autistiques en communication

La communication

« La communication est l’ensemble des interactions avec autrui qui transmettent une quelconque information » (wikipédia). Elle implique par conséquent un partage de données (idées, besoins, sentiments…) de manière verbale ou non verbale.

Le langage

« Le langage est le principal vecteur de la communication interhumaine, il est aussi un support de la pensée, en rapport avec les processus de symbolisation. Il véhicule des messages qui ne sont pas seulement des informations ou des demandes : le langage sert aussi à communiquer des sentiments, des impressions, des angoisses. Le langage prend ainsi une part essentielle dans les relations de l’enfant avec autrui et est intimement lié au développement et à la structuration du fonctionnement psychique dans son ensemble.

  • Langage : « fonction qui permet d’exprimer et de percevoir des états affectifs, des concepts, des idées au moyen de signes » (RONDAL).
  • Langue : système de code propre à une communauté.
  • Parole : production de significations sous forme de sons articulés.

Les linguistes différencient 4 composantes du langage :

  • Phonétique : concerne les sons du langage ou phonèmes.
  • Sémantique : concerne les mots et leur signification (lexique).
  • Syntaxe : règles d’associations des éléments du langage entre eux.
  • Pragmatique : étude des actes de parole en situation (prise de parole, échange conversationnel, etc.).

Fonctions du langage :

  • Fonction instrumentale (visant à la satisfaction d’un besoin ou d’une demande : « Je veux ceci »)
  • Fonction régulatoire (visant au contrôle du comportement d’autrui : ex. « Fais ceci »)
  • Fonction interactive (ex. : réponse à des salutations)
  • Fonction personnelle (visant à l’expression de soi : opinions, sentiments)
  • Fonction informative (échange d’informations d’un locuteur à un autre) »

Source : « Développement normal du langage et ses troubles », Faculté de médecine de Toulouse

Les caractéristiques autistiques du langage et de la communications

Liste non exhaustive

  • Absence ou retard du langage
  • Cris, gestes
  • Inversion pronominale
  • Écholalie immédiate ou différée
  • Absence de réponse ou indifférence aux questions d’autrui
  • Prosodie particulière avec absence ou peu d’intonation
  • Difficultés de compréhension (implicite – double sens – expressions)
  • Néologisme
  • Difficulté à initier, maintenir et terminer une conversation
  • Difficulté à tenir compte du sujet de conversation

Les interactions sociales

caractéristiques autistiques des interactions sociales

« En sciences sociales une interaction fait référence à toutes les actions réciproques entre deux ou plusieurs individus au cours desquelles des informations sont partagées » wikipédia.

Pour qu’il y ait interaction, il faut donc une certaine compréhension des codes en vigueur en communication et des règles sociales. Ces codes sociaux s’acquièrent de manière innée et intuitive dès le plus jeune âge mais font défaut aux personnes autistes. En effet, ces dernières doivent apprendre de manière presque scientifique comment interagir avec autrui.

Se surajoutent de nombreux paramètres à prendre en compte lors d’une interaction, tels que le contexte, le langage du corps, décoder les intentions et les pensées de l’autre… Tout cela demande une adaptation simultanée pour garder une certaine fluidité des échanges. C’est un vrai handicap pour une personne autiste qui se retrouvera rapidement en décalage de réciprocité avec ses interlocuteurs.

Quelles en sont les conséquences ?

Anxiété, surcharge, manque de confiance, rejet, isolement…

Les caractéristiques autistiques des interactions sociales

Liste non exhaustive

  • Éviter ou résister aux contacts physiques
  • Éviter le contact visuel
  • Sembler ne pas écouter
  • Difficultés à décoder les intentions et les pensées de l’autre et adapter son comportement 
  • Difficultés à comprendre les sentiments des autres ou ne pas y réagir
  • Difficultés à comprendre et appliquer certaines règles sociales
  • Avoir peu ou pas d’intérêt à interagir
  • Difficultés à interagir ou avoir des difficultés à interagir avec autrui

Les comportements répétitifs

caractéristiques autistiques des comportements répétitifs

Les comportements répétitifs ne sont pas propres à l’autisme. Toute personne, même neurotypique, peut avoir des mouvements répétitifs, pour se rassurer par exemple ou en cas de stress. Les comportements répétitifs font partie des premiers signes précocement observable dans l’autisme. Un article de la revue SpectrumNews aborde le sujet :

Les comportements répétitifs ont-ils une fonction au-delà de l’auto-stimulation?
Il existe peu de recherches concrètes disponibles pour répondre à cette question. Certains chercheurs ont suggéré que les comportements répétitifs offrent aux personnes autistes un moyen de bloquer le monde extérieur. D’autres soutiennent que les comportements ne servent à rien et reflètent simplement un système nerveux désorganisé.

Au cours des dernières années, cependant, les personnes autistes ont décrit une grande variété de fonctions que remplissent leurs comportements répétitifs.

Parfois, disent-ils, s’engager dans ces comportements fait du bien. 
Mais au-delà de cela, les comportements répétitifs peuvent offrir à ces personnes un moyen de calmer leur anxiété, de générer ou de maintenir la conscience de leur corps, de canaliser leur concentration ou de faire face à des sensations ou des émotions écrasantes. Ils peuvent également aider les personnes autistes à communiquer leur état mental ou émotionnel aux autres.

Le même comportement peut servir à différentes fins chez différentes personnes, ou même chez la même personne à des moments différents, selon la situation ou l’humeur.

Les comportements répétitifs peuvent-ils être nocifs?

Quelquefois. Les comportements répétitifs intenses ou constants empêchent les personnes autistes de s’engager dans des activités importantes, telles que l’apprentissage à l’école. Parfois, ils peuvent blesser autrui ou s’automutiler, par exemple lorsqu’une personne se cogne la tête à plusieurs reprises contre un mur.

Au-delà de ces méfaits, les comportements répétitifs peuvent distraire d’autres personnes ou, s’ils sont perçus comme étranges par d’autres, peuvent avoir des conséquences sociales pour les personnes autistes, ce qui rend plus difficile pour eux de se faire des amis ou d’obtenir un emploi.

Source : « Repetitive behaviors and ‘stimming’ in autism, explained », Sarah Deweerdt, 31 janvier 2020, Spectrumnews

Le stimming, c’est quoi ?

Pour en apprendre plus sur le stimming, nous avons traduit le guide de Kim Barloso : « Autism Stimming, Hand flapping and other self stimulatory behaviors » publié sur Autism Parenting Magazine.

Les caractéristiques autistiques des comportements répétitifs

Liste non exhaustive

  • Stéréotypies motrices
  • Autostimulation
  • Routines et résistance aux changements
  • Manipuler de façon particulière des objets (les faire tournoyer ou les aligner)
  • Jouer de manière inhabituelle (classement – focalisation sur un aspect de l’objet …)
  • Attachement à un objet
  • Intérêt spécifique à un sujet
  • S’attacher excessivement à des objets inhabituels
  • Hyper/Hypo sensibilités : réactivité à des stimuli sensoriels ou des intérêts inhabituels envers des éléments sensoriels de l’environnement