Autisme

Histoire de l'autisme

Histoire de l’Autisme

La pionnière de l’Autisme

Grunya Sukhareva découvre l'autisme

Grounia Iefimovna Soukhareva 

Elle est née en 1891 à Kiev et morte en 1981 à Moscou. Elle est une psychiatre et professeur d’université russe d’origine ukrainienne.

Soukhareva est une pionnière de la psychiatrie en Russie et en Ukraine, notamment une pionnière de l’exploration des spécificités de la psychiatrie infantile.

Elle est connue pour avoir décrit, dès 1925 les tendances autistiques de six personnes qu’elle suivait, et qui est maintenant défini comme le syndrome d’Asperger.

Source Wikipédia

La caractérisation de Soukhareva a été faite presque deux décennies avant que les médecins autrichiens Léo Kanner et Hans Asperger publient ce qui a longtemps été considéré comme les premiers compte-rendus cliniques de l’autisme…
En 1925, Soukhareva a publié un article décrivant en détail les caractéristiques autistiques partagées par les six garçons. Ses descriptions, bien que suffisamment simples à comprendre pour un non-spécialiste, étaient remarquablement prémonitoires. «Fondamentalement, elle a décrit les critères de la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5)», explique Irina Manouilenko , une psychiatre qui dirige une clinique à Stockholm, en Suède. Manouilenko a traduit les descriptions originales de Sukhareva du russe vers l’anglais en 2013, puis les a comparées aux critères de diagnostic décrits dans le DSM-5 . Les similitudes entre les deux ont laissé Manouilenko impressionnée.

Extrait de l’article de Spectrum News,

  « How history forgot the woman who defined autism » par Lina Zeldovich / 7 novembre 2018

Léo Kanner et Hans Asperger

Leo Kanner et les prémices de l'autisme

Léo Kanner

Léo Kanner est né en 1894 en Galicie, il s’installe avec sa famille à Berlin, où il effectuera ses études de médecine, jusqu’en 1922. Puis il émigrera aux Etats-Unis poursuivant ses études pour devenir psychiatre et créer le premier service de psychiatrie infantile  à Baltimore. il meurt en 1981 aux États-Unis.

Il est connu pour avoir défini le tableau clinique de l’autisme infantile précoce.

Source : Wikipédia

1943 – Pendant cinq ans, Léo Kanner, observe onze enfants présentant tous les mêmes problèmes de communication et de « repli sur soi ». Ces symptômes précis, et l’absence de certains traits propres aux maladies psychotiques, lui ont fait écarter d’emblée la schizophrénie, tout comme la thèse de l’arriération mentale.

Hans Asperger et autisme Asperger

Johann Friedrich Karl Asperger dit Hans Asperger

1906-1980 à Vienne, il est le psychiatre autrichien qui a donné son nom au syndrome d’Asperger.

Pour aller plus loin, notamment sur ses relations avec le régime nazi : Wikipédia

En 1944, le psychiatre autrichien Hans Asperger, convaincu d’une origine organique de l’autisme, décrit des enfants atteints de « psychopathie autistique » héréditaire. Il met en avant ce qu’il considère comme les points positifs de l’autisme au titre desquels il compte :  leur intelligence, leur manière originale de résoudre certains problèmes, leurs intérêts spécifiques, leur goût pour l’art et la philosophie.

Il identifie également des caractéristiques qui sont encore aujourd’hui présentent dans les critères diagnostics comme l’absence ou la faiblesse des contacts visuels. Les travaux de ce psychiatre resteront méconnus jusqu’aux années 1980, alors que Lorna Wing, psychiatre britannique, les publie et les traduit.

Dans les classifications internationales, jusque très récemment, le syndrome d’Asperger était une sous catégorie distincte de l’autisme (F84.5 dans la CIM-10), puis avec le DSM-5 qui est la classification la plus récente, le syndrome disparaît au profit du spectre de l’autisme qui précise simplement « avec ou sans déficience intellectuelle ».

Evolution étiologique de l’autisme

Les causes de l’autisme sont encore aujourd’hui mal connue même si les scientifiques reconnaissent ces fondamentaux : une origine génétique, neurologique et un facteur environnemental.

Les différents troubles liés à l’autisme semblent le plus souvent d’origine multifactorielle, avec une forte implication de facteurs génétiques (Dossier Autisme par l’INSERM) et de nombreux facteurs de risques concomitants (Levy SE, Mandell, DS, Schultz, RT, « Autism »Lancet, vol.374, n°9701,‎ 2009, p.1627-1638). La modification de gènes liée à la maturation synaptique semble principalement en cause et oriente ainsi les études neurobiologiques vers les modifications de la connectivité et des neurones induites par l’expression de ces gènes…
Selon une étude parue en mai 2014 (Sandin S, Liechtenstein P, Kuja-Halkola R, Larsson H, Hultman CM, Reichenberg A., « The Familial Risk of Autism »Journal of the American Medical Association, 2014;311(17):1770-1777), l’une des plus vastes réalisées, l’autisme n’est génétique qu’à hauteur de 50 %, à parts égales avec les facteurs environnementaux (« Les causes de l’autisme à moitié génétiques et à moitié environnementales »Le Monde.fr,‎ 4 mai 2014). Il est cependant difficile de distinguer les facteurs génétiques et les facteurs environnementaux, l’autisme étant un caractère phénotypique issu d’interactions complexes (D.A. Rossignol, S.J. Genuis et R.E. Frye, « Environmental toxicants and autism spectrum disorders : a systematic review »Translational Psychiatry,‎ 2004). Selon une étude de 2015, 50 % des cas d’autisme s’expliqueraient par des mutations de novo (Ivan Iossifov, Dan Levy, Jeremy Allen et Kenny Ye, « Low load for disruptive mutations in autism genes and their biased transmission »Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 112, n°41,‎ 23 septembre 2015, p. 201516376).

Source : Wikipédia

Du fait de cette complexité à définir un trouble que l’on peut désigner comme multifactoriel, bon nombres de théories plus ou moins scientifiques (souvent moins !) ont vu le jour. Il faut donc rester prudent !

Passons sur la théorie des vaccins ou encore plus récemment des écrans et intéressons nous à un concept toujours d’actualité en France, malgré les recommandations de la Haute Autorité de Santé en matière d’ autisme, la psychanalyse.

La psychanalyse à l’assaut de l’autisme

En 1950, Bruno Bettelheim rompt avec cette conception d’autisme organique, et impose une conception psychanalytique : pour lui, c’est l’éducation des parents, en particulier de la mère, qui rendrait l’enfant autiste. Ainsi, l’enfant « choisirait » de s’enfermer dans « une forteresse vide », un monde intérieur, afin de couper délibérément toute communication avec son entourage. Selon Bettelheim, l’autisme s’expliquerait surtout par l’attitude glaciale ou les comportements trop rigides de la mère. L’absence d’amour de la mère serait donc à l’origine de cette mystérieuse maladie de l’enfant.

À cause de cette conception psychanalytique, toute une génération de parents, les mères en particulier, s’est vue infliger la douleur inutile de se croire coupable de l’autisme de leur enfant. Cette tendance ne s’inversa que dans les années soixante, à partir du moment où l’étiologie organique de cette condition commença à être pleinement acceptée.

Le mur

la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme

De Sophie Robert